mercredi 25 avril 2007

11.accords terrestres

un rêve, faucon brassant ma nuit

un décor posé, une amorce fragile

moment vague, joie incertaine

ce lieu est immense,

les murs nus tracés au hasard

et moi posée là

avec d'autres, tu vas me reconnaitre

voilà...ô miroir, tes yeux sont valse vide

traversant de grands espaces

l'esprit soupire, l'indomptable ironise

comment croire en ce plein d'évidences?

mais voici qu'irradie un lumineux baiser

je suis ta vestale, flamme-enfant!

derrière l'énigme d'un sourire de chat

des nuées écarlates et d'onduleuses prairies te signent

reculons un peu, laissons pour voir

mais beaucoup plus tard il faudra

dans un temps aux noirs entrelacs

où perce, poignante, la première clarté diurne

que nous apprenions à regarder

vers la belle échappée fugace des vies

un échange attentif, main de feu

soulèvera en nous l'extase lente

de ce qui a toujours été voilé mais su

quand il sera l'heure

je baiserai d'abord

tes pieds nus, leur tiède innocence

puis goûterai chaque parcelle de toi déployée

continents emplis de silences

et tes paupières qui brident les poèmes sauvages

saccagés en-dedans

doucement éclose par ma bouche liquide

verrai fleurir ta forme, écorcée...

entre mes paumes la vie s'écoulera

de toi, sur mon or incliné

enfin, quand les années

déferont nos corps de leurs os

nos mains, comme des touts-petits

repliées en bourgeons sur nos peaux

baigneront leurs ailes endormies

dans l'engloutissement

du transitoire esquif

Aucun commentaire: