un rêve, faucon brassant ma nuit
un décor posé, une amorce fragile
moment vague, joie incertaine
ce lieu est immense,
les murs nus tracés au hasard
et moi posée là
avec d'autres, tu vas me reconnaitre
voilà...ô miroir, tes yeux sont valse vide
traversant de grands espaces
l'esprit soupire, l'indomptable ironise
comment croire en ce plein d'évidences?
mais voici qu'irradie un lumineux baiser
je suis ta vestale, flamme-enfant!
derrière l'énigme d'un sourire de chat
des nuées écarlates et d'onduleuses prairies te signent
reculons un peu, laissons pour voir
mais beaucoup plus tard il faudra
dans un temps aux noirs entrelacs
où perce, poignante, la première clarté diurne
que nous apprenions à regarder
vers la belle échappée fugace des vies
un échange attentif, main de feu
soulèvera en nous l'extase lente
de ce qui a toujours été voilé mais su
quand il sera l'heure
je baiserai d'abord
tes pieds nus, leur tiède innocence
puis goûterai chaque parcelle de toi déployée
continents emplis de silences
et tes paupières qui brident les poèmes sauvages
saccagés en-dedans
doucement éclose par ma bouche liquide
verrai fleurir ta forme, écorcée...
entre mes paumes la vie s'écoulera
de toi, sur mon or incliné
enfin, quand les années
déferont nos corps de leurs os
nos mains, comme des touts-petits
repliées en bourgeons sur nos peaux
baigneront leurs ailes endormies
dans l'engloutissement
du transitoire esquif
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