mercredi 25 avril 2007

18.accords terrestres

beaucoup la servent

d'autres la sauvent

restent très couverts

pour éviter les revers

il y a les uns et puis les autres

la peau a ses caprices

et se donne mal pour ne pas se perdre

pourtant y sommeillent

des ressacs de joyaux sous la chair

et des voies pour le ciel de haute lumière

dans la dégringolade

il y a les uns et puis les autres

sertis tout vifs dans leur écrin

élégants dans leur chair de poule

ou bien

vouloir, pouvoir passer la main

calmer ses yeux sous l'empreinte épaisse

et bercer, à travers la forme, l'idée parfaite

et puis faut-il

plonger le fer chauffé à blanc

dans ce lait profond de la vie qui palpite?

quoi de plus ingénu qu'un ventre?

c'est presque fait pour la lame

la candeur questionne la violence

cueillant le désir, aurons-nous une brassée de franches douleurs?

et l'on chuchote au grand rêveur

garde-toi, garde ton front pâle

hélas, du lourd tribut

chaque pièce trouble l'ensemble

chacune isolément impudique et confiante

se livre comme un tout aux abus émouvants

et poursuit seule une satiété de chimère

le piège parfois brisé

nous saurons peut-être parer nos blessures

d'une traversée amoureuse sous les arbres bruissants

trouée vaste vers les miracles forés de l'autre

souvent aussi

foire pathétique où tout se brade

tant de baisers laissés aux quatre vents!

encore, voici les corps fardés de nuit

voici qu'à nouveau les yeux fondent et confondent

les eaux font lac dans nos sacs ravinés

et nous donnent en pâture à la peau des autres

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