beaucoup la servent
d'autres la sauvent
restent très couverts
pour éviter les revers
il y a les uns et puis les autres
la peau a ses caprices
et se donne mal pour ne pas se perdre
pourtant y sommeillent
des ressacs de joyaux sous la chair
et des voies pour le ciel de haute lumière
dans la dégringolade
il y a les uns et puis les autres
sertis tout vifs dans leur écrin
élégants dans leur chair de poule
ou bien
vouloir, pouvoir passer la main
calmer ses yeux sous l'empreinte épaisse
et bercer, à travers la forme, l'idée parfaite
et puis faut-il
plonger le fer chauffé à blanc
dans ce lait profond de la vie qui palpite?
quoi de plus ingénu qu'un ventre?
c'est presque fait pour la lame
la candeur questionne la violence
cueillant le désir, aurons-nous une brassée de franches douleurs?
et l'on chuchote au grand rêveur
garde-toi, garde ton front pâle
hélas, du lourd tribut
chaque pièce trouble l'ensemble
chacune isolément impudique et confiante
se livre comme un tout aux abus émouvants
et poursuit seule une satiété de chimère
le piège parfois brisé
nous saurons peut-être parer nos blessures
d'une traversée amoureuse sous les arbres bruissants
trouée vaste vers les miracles forés de l'autre
souvent aussi
foire pathétique où tout se brade
tant de baisers laissés aux quatre vents!
encore, voici les corps fardés de nuit
voici qu'à nouveau les yeux fondent et confondent
les eaux font lac dans nos sacs ravinés
et nous donnent en pâture à la peau des autres
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