autrefois, je ne savais pas
cette ardeur naissante
sûre qu'elle était prodigue en chacun
lui, ou bien un autre
s'auréolait soudain
d'une lumière exquise
qui me mettait au coeur
l'envie de cueillir toutes les bouches...
or, le mur se tenait
bien droit et bien tranquille
ramassé en ses pierres
il m'attendait
de tout son roc, voulait se faire gravir
mais bloc après bloc, son plaisir
fut d'être par moi descellé
là, je m'arrêtai, incertaine
cherchant en vain les jeux d'avant
dont la blessure m'était caresse
dont la promesse m'était le vent
contrainte d'aller au delà
la caverne était claire, et grande!
je savais nécessaire alors
de réduire en poudre savante
la légion hantée de mes sens
le roulis du vieux monde ne me berce plus
sa nourriture me paraît lourde et fade
j'ai perdu maintenant l'attrait des choses sues
ici n'est plus qu'une béance insondable
qu'aucun songe d'hier ne peut plus éblouir
des roches, j'extraierai le minerai brut
qui porte en lui la secrète aventure
lunes, étoiles, soleils à l'abri de l'armure
dormants dans un silencieux rire
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