mercredi 25 avril 2007

2.coulées

autrefois, je ne savais pas

cette ardeur naissante

sûre qu'elle était prodigue en chacun

lui, ou bien un autre

s'auréolait soudain

d'une lumière exquise

qui me mettait au coeur

l'envie de cueillir toutes les bouches...

or, le mur se tenait

bien droit et bien tranquille

ramassé en ses pierres

il m'attendait

de tout son roc, voulait se faire gravir

mais bloc après bloc, son plaisir

fut d'être par moi descellé

là, je m'arrêtai, incertaine

cherchant en vain les jeux d'avant

dont la blessure m'était caresse

dont la promesse m'était le vent

contrainte d'aller au delà

la caverne était claire, et grande!

je savais nécessaire alors

de réduire en poudre savante

la légion hantée de mes sens

le roulis du vieux monde ne me berce plus

sa nourriture me paraît lourde et fade

j'ai perdu maintenant l'attrait des choses sues

ici n'est plus qu'une béance insondable

qu'aucun songe d'hier ne peut plus éblouir

des roches, j'extraierai le minerai brut

qui porte en lui la secrète aventure

lunes, étoiles, soleils à l'abri de l'armure

dormants dans un silencieux rire

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