errer n'est pas triste dans la pulsation du monde
dans la course, tout frémit d'énergie vibrante!
alors où sont passées les changeantes couleurs,
les saveurs piquantes du possible?
le rire et ses humeurs somptueuses
le corps joyeux, et ses ivresses?
il est trop tôt, ne t'endors pas...
il faut jeter le pont, harponner l'heure hagarde
prendre vivant ce qui chavire!
la beauté, grave comme un fruit
sa splendeur périssable
son parfum qui se coule et se noie sous la chair
et qui n'est savouré qu'en l'absence prochaine
cet instant nu qui nous enlace, oublieux
et se délie soudain d'une grâce qui laboure
il faut oser voir derrière les masques d'une mort fatiguée
oser forcer cette vieille serrure, ce sortilège
accepter enfin d'être et de vraiment sentir
en vérité il n'est ni bijoux ni dentelles
la clef, vraiment, est de ne rien tenir
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