mon écho est une vieille folle
qui serre son sac
je m'inspire, je me vide
je prends mal le vent du nord
avide, imprenable
dans une ville impensée
une citadelle de faux-semblables
et ta bouche cousue d'or
toi, rempli du mot parfait
timbale gravée d'avant ta naissance
à plein gosier d'amour empli
et d'amour la gorge souveraine
que sais-tu de ce morceau
de boue vivante?
de ces charniers futurs?
pour un temps, lit tiède et lavande odorante
les heures sont blanches d'un air vicié
cumulus accumulés sans oxygène
veux-tu me parler des accomplissements du monde?
les étoiles se posent quand nos mains sont en fleurs
elles nous traversent quand nos yeux sont en feu
vont-elles combler tous les vides entre nos doigts?
et celui de nos orbites fumantes?
ou filer le fil éphémère que tissent les astres mourants
les choses sont infidèles, et faibles, comme les êtres
maîtresses de tous nos cache-misères
nos cache-coeurs, nos cache-sexes
nos cache-caches sans but asphyxiés
dis le mot parfait, sois un ange!
sois rossignol, rose et fruit sauvage
encre navigable, savante ou profonde
chair riante, et toutes les danses
délie de ton sang le trésor
attache à la traîne céleste de cinq branches
le fil arachnéen de ta bouche délacée
jeudi 24 janvier 2008
mercredi 23 janvier 2008
creuse et légère
je suis de bois
de bois mort, de bois flotté je suis
creuse et légère
rien ne s'imprime
sur ma peau d'âme-écorce
je ne comprends pas
ce qui doit s'éveiller
alors je dors
je suis de bois flotté
je suis la belle au bois dormant
qui es-tu, toi
derrière mon sommeil?
tu prétends me défaire
du baiser de l'oubli?
tu ne peux me déloger
de l'eau qui m'a fait naître
pourquoi es-tu si sûr
de ton cerveau?
j'ai pris la lune sur le bosquet
et le romarin en pousses tendres
et le soleil caressant les merveilles
ça ne m'a pas été donné de plein gré
où est celui qui me dévêt?
où est celui qui me mène?
j'attends, rien ne me met en prière
fruit douloureux penché sur la falaise
rien ne fait jour en moi
au point d'allumer la nuit
je cours sur la mort
comme sur une montagne
de pommes qui dévalent
je vais vers des champs sans culture
l'inconnu me lance une lanterne
ici, je ne rencontre que des ombres
qui se signent
pourquoi me réveillerais-je ?
si je suis née
je suis encore ailleurs
naître entière serait mon salut
je vous salue, ô maître des formes
car je suis de bois flotté
rien ne me leste
mon vin ne fermente pas
ma peau ne rend pas le son du tambour
rien ne jaillit du bois mort et de l'eau
je suis de bois
de bois mort, de bois flotté je suis
creuse et légère
rien ne s'imprime
sur ma peau d'âme-écorce
je ne comprends pas
ce qui doit s'éveiller
alors je dors
je suis de bois flotté
je suis la belle au bois dormant
qui es-tu, toi
derrière mon sommeil?
tu prétends me défaire
du baiser de l'oubli?
tu ne peux me déloger
de l'eau qui m'a fait naître
pourquoi es-tu si sûr
de ton cerveau?
j'ai pris la lune sur le bosquet
et le romarin en pousses tendres
et le soleil caressant les merveilles
ça ne m'a pas été donné de plein gré
où est celui qui me dévêt?
où est celui qui me mène?
j'attends, rien ne me met en prière
fruit douloureux penché sur la falaise
rien ne fait jour en moi
au point d'allumer la nuit
je cours sur la mort
comme sur une montagne
de pommes qui dévalent
je vais vers des champs sans culture
l'inconnu me lance une lanterne
ici, je ne rencontre que des ombres
qui se signent
pourquoi me réveillerais-je ?
si je suis née
je suis encore ailleurs
naître entière serait mon salut
je vous salue, ô maître des formes
car je suis de bois flotté
rien ne me leste
mon vin ne fermente pas
ma peau ne rend pas le son du tambour
rien ne jaillit du bois mort et de l'eau
nos poisons ont débordé
petits lacs d'essence volatile
arcs-en-ciel émouvants
semés sur terre
immenses, pour des yeux agrandis
musée multicolore
des amours muselées
arcs tombés tout chauds
de la voûte
allez, de la terre
repeindre le relief!
beautés salies, envoûtez les caniveaux!
tâches d'huiles bavant de tous nos coeurs
petits lacs d'essence volatile
arcs-en-ciel émouvants
semés sur terre
immenses, pour des yeux agrandis
musée multicolore
des amours muselées
arcs tombés tout chauds
de la voûte
allez, de la terre
repeindre le relief!
beautés salies, envoûtez les caniveaux!
tâches d'huiles bavant de tous nos coeurs
ô, poète
le sexe est un pouvoir coloré!
naïve, je crois que la laideur ne fait pas mal
ce jet d'aiguilles !
je peux me pavanner
en ignorant les lois
et mon devoir de gratuité d'âme
j'ai fais mal
à un bandit magnifique
au sourire en morceaux
mais j'ai vu sa beauté à couper le souffle
il dirigeait son feu de cyclope
comme un phare amoureux
et je me sentais tranquille
sous les foudres d'un oeil fantastique
oh cher, pardon...
ton talent m'armait mystérieusement
et me figeait d'impuissance
j'aimais, proche en toi
un dieu d'orage que tu endossais par hasard
toi, choisissant peu à peu de disparaître
dans une hideur voilée d'absynthe
qui me laisse encore glacée et fatale
terminant debout un sanglot solitaire
j'ai joué la bêtise
plutôt que de te dire
salaud, tu es sublime
mais ton corps est ruiné
le sexe est un pouvoir coloré!
naïve, je crois que la laideur ne fait pas mal
ce jet d'aiguilles !
je peux me pavanner
en ignorant les lois
et mon devoir de gratuité d'âme
j'ai fais mal
à un bandit magnifique
au sourire en morceaux
mais j'ai vu sa beauté à couper le souffle
il dirigeait son feu de cyclope
comme un phare amoureux
et je me sentais tranquille
sous les foudres d'un oeil fantastique
oh cher, pardon...
ton talent m'armait mystérieusement
et me figeait d'impuissance
j'aimais, proche en toi
un dieu d'orage que tu endossais par hasard
toi, choisissant peu à peu de disparaître
dans une hideur voilée d'absynthe
qui me laisse encore glacée et fatale
terminant debout un sanglot solitaire
j'ai joué la bêtise
plutôt que de te dire
salaud, tu es sublime
mais ton corps est ruiné
dans ma tour d'espérance
je manipule et j'entasse
beaucoup de choses vaines
qui ont le goût des veines
lentes battant ma gorge
et je sais qu'une vilaine amertume me comble
je fouille dans mes combles
je viole l'inviolable
je pétris et je mange
et même l'inmangeable
échaudons, écharnons
les passions bovines
lavons-les de lettres salines
car de ma tour tapissée
de jubilations coupables
pour demain, j'engraisse et j'immole
quelque vieux fétiche
doué de parole
je manipule et j'entasse
beaucoup de choses vaines
qui ont le goût des veines
lentes battant ma gorge
et je sais qu'une vilaine amertume me comble
je fouille dans mes combles
je viole l'inviolable
je pétris et je mange
et même l'inmangeable
échaudons, écharnons
les passions bovines
lavons-les de lettres salines
car de ma tour tapissée
de jubilations coupables
pour demain, j'engraisse et j'immole
quelque vieux fétiche
doué de parole
suis-moi
car je sens tes rêves profonds
suis-moi vers le lagon
où nous baignerons nos soies vives
tu ne prends pas le temps, non
alors comment veux-tu voir?
tu ne me laisses pas te montrer
ce qui fait l'ivresse du voyage
ah si tu avais vu
ces croissants bleus de lune
et ces pierres fauves !
si tu avais senti comme moi
une forêt entière
bruire et danser dans ton corps
avec le lever matinal de l'univers...
car je sens tes rêves profonds
suis-moi vers le lagon
où nous baignerons nos soies vives
tu ne prends pas le temps, non
alors comment veux-tu voir?
tu ne me laisses pas te montrer
ce qui fait l'ivresse du voyage
ah si tu avais vu
ces croissants bleus de lune
et ces pierres fauves !
si tu avais senti comme moi
une forêt entière
bruire et danser dans ton corps
avec le lever matinal de l'univers...
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