mercredi 23 janvier 2008

creuse et légère

je suis de bois

de bois mort, de bois flotté je suis

creuse et légère

rien ne s'imprime

sur ma peau d'âme-écorce

je ne comprends pas

ce qui doit s'éveiller

alors je dors

je suis de bois flotté

je suis la belle au bois dormant



qui es-tu, toi

derrière mon sommeil?

tu prétends me défaire

du baiser de l'oubli?

tu ne peux me déloger

de l'eau qui m'a fait naître

pourquoi es-tu si sûr

de ton cerveau?

j'ai pris la lune sur le bosquet

et le romarin en pousses tendres

et le soleil caressant les merveilles

ça ne m'a pas été donné de plein gré

où est celui qui me dévêt?

où est celui qui me mène?

j'attends, rien ne me met en prière

fruit douloureux penché sur la falaise

rien ne fait jour en moi

au point d'allumer la nuit

je cours sur la mort

comme sur une montagne

de pommes qui dévalent

je vais vers des champs sans culture

l'inconnu me lance une lanterne

ici, je ne rencontre que des ombres

qui se signent

pourquoi me réveillerais-je ?

si je suis née

je suis encore ailleurs

naître entière serait mon salut

je vous salue, ô maître des formes

car je suis de bois flotté

rien ne me leste

mon vin ne fermente pas

ma peau ne rend pas le son du tambour

rien ne jaillit du bois mort et de l'eau

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