mon écho est une vieille folle
qui serre son sac
je m'inspire, je me vide
je prends mal le vent du nord
avide, imprenable
dans une ville impensée
une citadelle de faux-semblables
et ta bouche cousue d'or
toi, rempli du mot parfait
timbale gravée d'avant ta naissance
à plein gosier d'amour empli
et d'amour la gorge souveraine
que sais-tu de ce morceau
de boue vivante?
de ces charniers futurs?
pour un temps, lit tiède et lavande odorante
les heures sont blanches d'un air vicié
cumulus accumulés sans oxygène
veux-tu me parler des accomplissements du monde?
les étoiles se posent quand nos mains sont en fleurs
elles nous traversent quand nos yeux sont en feu
vont-elles combler tous les vides entre nos doigts?
et celui de nos orbites fumantes?
ou filer le fil éphémère que tissent les astres mourants
les choses sont infidèles, et faibles, comme les êtres
maîtresses de tous nos cache-misères
nos cache-coeurs, nos cache-sexes
nos cache-caches sans but asphyxiés
dis le mot parfait, sois un ange!
sois rossignol, rose et fruit sauvage
encre navigable, savante ou profonde
chair riante, et toutes les danses
délie de ton sang le trésor
attache à la traîne céleste de cinq branches
le fil arachnéen de ta bouche délacée
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