jeudi 24 janvier 2008

mon écho est une vieille folle

qui serre son sac

je m'inspire, je me vide

je prends mal le vent du nord

avide, imprenable

dans une ville impensée

une citadelle de faux-semblables

et ta bouche cousue d'or

toi, rempli du mot parfait

timbale gravée d'avant ta naissance

à plein gosier d'amour empli

et d'amour la gorge souveraine

que sais-tu de ce morceau

de boue vivante?

de ces charniers futurs?

pour un temps, lit tiède et lavande odorante

les heures sont blanches d'un air vicié

cumulus accumulés sans oxygène

veux-tu me parler des accomplissements du monde?

les étoiles se posent quand nos mains sont en fleurs

elles nous traversent quand nos yeux sont en feu

vont-elles combler tous les vides entre nos doigts?

et celui de nos orbites fumantes?

ou filer le fil éphémère que tissent les astres mourants

les choses sont infidèles, et faibles, comme les êtres

maîtresses de tous nos cache-misères

nos cache-coeurs, nos cache-sexes

nos cache-caches sans but asphyxiés

dis le mot parfait, sois un ange!

sois rossignol, rose et fruit sauvage

encre navigable, savante ou profonde

chair riante, et toutes les danses

délie de ton sang le trésor

attache à la traîne céleste de cinq branches

le fil arachnéen de ta bouche délacée

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