je m'abreuve au baiser de ta bouche
ma vie arquée sur ton seul regard
nourriture-miroir riche et limpide et bleue
flêche au trait puissant mais hagard
car je ne sais où tu me touches
luxuriantes forêts bordées de ronces
orées palpitantes
profondeurs dorées
chaudes comme le pain beurré et le miel
et l'eau si fraîche
sous tes reins
je m'abreuve et c'est magnifique
je m'abreuve et je bois à la louche
en d'immenses enjambées
les pieds enfantins que j'ai gardé pour toi
parcourent ton jardin
et dansent
là où je peux étreindre, j'étreins
par milliers, ces brassées de ton rire sauvage
et ces fruits d'un rouge insolent
rappellent la douceur acide
de la liberté
et son prix
sois toujours plus vaste
que le vaste monde
dans mon baiser de géante
je m'abreuve à ta source
embrase mon âme étanchée à ton souffle
qu'as-tu créé si tu ne peux en jouir?
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