mercredi 25 avril 2007

19.coulées

je m'abreuve au baiser de ta bouche

ma vie arquée sur ton seul regard

nourriture-miroir riche et limpide et bleue

flêche au trait puissant mais hagard

car je ne sais où tu me touches

luxuriantes forêts bordées de ronces

orées palpitantes

profondeurs dorées

chaudes comme le pain beurré et le miel

et l'eau si fraîche

sous tes reins

je m'abreuve et c'est magnifique

je m'abreuve et je bois à la louche

en d'immenses enjambées

les pieds enfantins que j'ai gardé pour toi

parcourent ton jardin

et dansent

là où je peux étreindre, j'étreins

par milliers, ces brassées de ton rire sauvage

et ces fruits d'un rouge insolent

rappellent la douceur acide

de la liberté

et son prix

sois toujours plus vaste

que le vaste monde

dans mon baiser de géante

je m'abreuve à ta source

embrase mon âme étanchée à ton souffle

qu'as-tu créé si tu ne peux en jouir?

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